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Une priorité : les législatives


dimanche 30 avril 2017









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Je l’ai déjà fait remarquer : le premier tour des présidentielles passé, les prochaines législatives sont désormais l’enjeu principal de ce printemps. Or elles offriront un exercice inédit. Au lieu de l’affrontement des deux grands coalitions droite et gauche, il est vrai quelque peu perturbé par le FN, on aura désormais 5 grands partis ou groupements, de poids comparable au moins pour 4 d’entre eux si on en juge par le premier tour des présidentielles (même si le poids des personnalités a aussi joué) : Front de gauche et assimilés ; PS et alliés ; En Marche ; LR et alliés (dont UDI ?) ; FN et alliés.

Le système électoral ressemble aux présidentielles puisqu’il y a deux tours ; mais avec une différence majeure : sauf désistement, on garde pour les deuxièmes tours, dans chaque circonscription, non pas les deux premiers mais tous ceux qui dépassent le seuil (12,5 % des inscrits). Dans la configuration du premier tour des présidentielles d’avril, les 4 premiers candidats auraient alors pu se maintenir.

Ce qui veut dire que s’il n’y a pas d’alliance entre certains des 5 grands groupes, celui qui l’emportera au deuxième tour pourra le faire avec une proportion relativement faible des voix : il lui suffira d’être en premier.

Cela éclaire la position prise par E. Macron (son refus à ce stade des doubles étiquettes) dans l’hypothèse très probable où il est élu dimanche : comme il a été en tête dès le premier tour, il peut espérer que ses candidats seront très souvent dans le même cas, aidés en outre par son succès aux présidentielles (dans cette hypothèse). Il a alors intérêt à ce qu’ils lui soient clairement fidèles, et donc il leur demande une allégeance exclusive. Et donc il n’est pas évident à ce stade qu’une alliance avec une autre parti lui soit nécessaire, et elle fragiliserait sa position future. Naturellement la situation peut changer d’ici juin, notamment avec le PS…

Plus concrètement, les 5 groupements ne sont pas de poids comparables. A droite, le FN est bien structuré et sera fort du résultat de MLP au deuxième tour (même si elle est battue). Mais ses candidats sont en général peu implantés, et surtout là où ils ont clairement en tête, il risque de se produire contre eux un « front républicain » (désistement systématique de candidats moins bien placés au profit d’autres que lui), et il sera le seul à subir cet effet. Dès lors il renforcera sans doute sa présence, mais fera face à des freins assez forts. Dit autrement, le FN est loin d’avoir fini sa longue route, la longue mue qui seule peut en faire peut-être un jour un parti de gouvernement.

Reste les LR (et UDI à ce stade), qui malgré les dissensions internes, restent formellement coalisés ; ils sont bien implantés et leur résultat du premier tour des présidentielles, insuffisant pour gagner à l’époque, reste appréciable et peut s’améliorer. Leur candidat pourra donc assez souvent être en tête, et cela peut lui suffire pour passer, même sans désistements des autres. Comme EM donc, mais avec l’avantage appréciable de l’implantation. C’est donc l’obstacle principal pour EM. Par conséquent, la division de LR est pour lui un objectif majeur : il a un intérêt massif à l’obtenir autant qu’il le pourra. Côté gauche le risque qu’il court est bien moindre.

Inversement est-ce l’intérêt des membres de LR ? Une frange d’entre eux est tentée par le ralliement complet à En Marche : ce serait une attitude cohérente pour certains au vu de leurs idées, mais ils ne sont sans doute pas assez nombreux pour modifier sensiblement les équilibres. Les autres sont divisés : certains ont donné la priorité à barrer la route à MLP, mais sans se rallier à En Marche. Comme je l’ai indiqué, au vu de la priorité à donner aux législatives, c’est une erreur. Car s’ils vont aux législatives sous l’étiquette LR il est impératif pour eux d’une part que LR reste uni, et d’autre part qu’E. Macron ait le résultat le moins impressionnant possible aux présidentielles. Il leur faudra ensuite expliquer aux électeurs pourquoi il ne faut pas voter pour les candidats d’En Marche en juin. Ce qui suppose de ne pas avoir tout fait pour renforcer la position de son chef en mai ! La seule position cohérente pour les LR (sauf ralliement clair à EM) est donc le cap sur les législatives et d’ici là une position nettement en retrait (vote blanc compris).

Certains LR disent : il faut aider E. Macron, sinon le FN passera dans 5 ans. Mais de leur propre point de vue ce n’est pas cohérent. Car s’il n’y a plus d’opposition de droite claire, tout échec d’E. Macron pourra conduire à une victoire du seul FN en 2022, d’un FN qui resterait alors purement protestataire mais pourrait gagner en étant la seule force d’opposition.

En résumé donc, du côté de la droite hors FN deux attitudes sont cohérentes, fonction des priorités politiques de chacun : pour les uns, se rallier clairement et tôt à EM parce qu’au fond rien ne les en sépare ; ils sont à mon sens peu nombreux. Pour tous les autres, rester unis, dans l’opposition, avec en visée immédiate les législatives, sur lesquelles ils doivent mettre le paquet. Toute autre attitude relève de Gribouille.




































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