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Migrations : Après l’équilibre


jeudi 8 mars 2018









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Migrations : pour garder la tête froide

Les migrations en cours sont un phénomène majeur qui mérite un examen réfléchi. Déjà l’arrivée massive de populations dans des zones civilisées et très peuplées est sans précédent dans l’histoire. Même les Grandes invasions jouaient sur des populations beaucoup plus faibles. Contrairement à ce que certains disent, la stabilité des populations européennes depuis des siècles est considérable. Seule est comparable l’émigration de millions d’Européens dans les Amériques, mais vers des zones non développées et peu peuplées (après les épidémies qu’on sait).

La dimension émotionnelle du sujet est considérable. Raison de plus pour essayer de voir le problème avec sang-froid, notamment en évaluant la logique économique et sociologique de ces migrations.

Un intérêt massif pour les migrants eux-mêmes

Comme l’ont montré bien des spécialistes , l’émigration se produit parce qu’elle a un sens pour les migrants, notamment un intérêt économique majeur. La vision médiatique de populations chassées par la faim ou les guerres ne touche qu’une proportion faible des migrants allant dans nos pays. Les gens vraiment dans la misère n’ont normalement pas les moyens de migrer. Le migrant type est d’abord un migrant économique, quelqu’un qui choisit d’investir (le passage est non seulement dur mais coûteux pour lui ou sa famille) pour passer d’un environnement économiquement défavorable à un autre beaucoup plus riche ; où, s’il s’insère, son niveau de vie sera au bout du compte massivement amélioré, de façon hors de portée dans son pays de départ. Rappelons que la productivité d’une personne dépend massivement de son environnement humain et économique. Or celui des pays avancés est bien plus performant. Bien sûr notre migrant souffrira pendant tout un temps ; il peut aussi regretter son pays, peut-être toute sa vie. Mais au-delà, lui et ses enfants seront matériellement beaucoup mieux. Sauf si les obstacles devenaient insurmontables ou l’insertion impossible, l’émigration est donc économiquement rationnelle. A fortiori bien sûr si le migrant part avec une formation et un talent.

En second lieu, l’existence d’une communauté installée de personnes immigrées originaires d’un pays donné, est un facteur majeur dans la dynamique de l’immigration provenant de ce pays. Plus elle est importante, plus grand est l’appel d’air, car les migrants trouvent en elle un milieu d’accueil et un soutien. Et moindre est l’assimilation, puisqu’il y a moins de contact avec les autochtones. D’où un phénomène cumulatif, qui peut s’emballer au-delà de tout équilibre.

Il résulte de tout ceci que l’émigration serait bien plus élevée sans les barrières mises par les pays d’accueil. Si la migration était libre, ce serait une avalanche. Et l’assimilation serait encore plus faible.

Faible intérêt et nombreux inconvénients pour les pays de départ comme d’accueil

Du point de vue du pays d’accueil l’avantage n’est pas évident. Le principal problème est l’inadaptation à la culture d’arrivée. La vie en société suppose un degré élevé de confiance mutuelle, des règles communes qu’on s’attend à voir respectées. Or les cultures de départ des migrants sont différentes et mal adaptées. En juxtaposant des ‘communautés’ aux règles de vie différentes on diminue la confiance mutuelle et accroît l’intérêt pour chacune de jouer un jeu séparé. Et donc plus il y a de migrants, moins il y a de confiance collective. Un petit nombre de migrants assimilés est un plus ; un grand nombre devient vite contre-productif, d’autant que les cultures sont différentes. Prôner le respect des cultures de départ est donc une erreur puisque ces cultures sont mal adaptées et que la vie collective suppose une culture commune. Il faut favoriser au contraire l’assimilation maximale.

A ce sujet, les migrations à destination de l’Europe, musulmanes et africaines, culturellement très différentes, posent de tout autres problèmes que les migrations vers le reste du monde quand il y en a. Le vrai problème des migrants au niveau mondial est pour l’essentiel un problème européen. Cet effet est aggravé par l’absence de sélection à l’entrée (contrairement à ce qui se passe hors d’Europe) et à la générosité du système social européen. Celui-ci pratique de fait une contre-sélection, aggravée par le rôle majeur du regroupement familial.

Quant aux effets économiques des migrations sur les pays d’accueil, ils sont limités, mais peu positifs : les salaires les plus bas baissent, les plus hauts montent. L’effet négatif principal est donc pour les milieux populaires autochtones. Le coût net des migrants n’est en revanche pas nécessairement un problème majeur s’ils travaillent. Mais l’idée que l’immigration facilitera le paiement des retraites est fausse : c’est une aide très provisoire, ou alors il faudrait un flux continu, puisque le vieillissement est continu.

Pour le pays de départ l’avantage n’est pas évident non plus. Le principal inconvénient est d’y réduire le nombre des personnes éduquées et entreprenantes, parfois de façon catastrophique. Il n’y a de vraiment positif que les transferts d’argent : très variables, en moyenne ils représentent environ 6 % des revenus du pays d’origine. L’effet global n’est dès lors pas à priori très significatif.

Il se déduit de tout ceci qu’une accélération des migrations sans assimilation a des effets à terme destructeurs sur le tissu social des pays d’accueil, sans aider les pays de départ.

Où en sommes-nous ?

La modification de la composition de notre population est déjà bien avancée. Selon l’Insee en France en 2016 dans plus d’une naissance sur 5 au moins un des deux parents était né hors d’Europe. En 1998 cette proportion était de un sur 9. On voit l’accélération. Si on y ajoute ceux dont les parents sont eux-mêmes d’immigration récente, on s’approche de 30%. Si l’évolution continue dans le même sens nous allons donc vers une mutation radicale de la composition de la population : en prolongeant la courbe, il est probable que dans 30 ans ce soit plus de la moitié des naissances dont un au moins ascendant proche sera non-européen.

Les optimistes diront qu’il y aura assimilation. Mais l’évidence ne va pas dans ce sens. Certes les nouvelles générations perdent un part du contact avec la culture d’origine ; et elles n’ont pas de langue commune autre que le français. Mais en grande partie ces populations ne sont culturellement et politiquement pas vraiment assimilées : une forte proportion s’identifie et de plus en plus au pays de départ, les autres gardent un lien avec. Et notamment cette religion fondamentalement politique qu’est l’Islam, qui crée une sentiment intense de communauté entre ses membres.

La probabilité est donc qu’à terme le pays sera complètement hétérogène. Ce qui veut dire entre autres que le système démocratique sera totalement bloqué.

Contrôle quantitatif strict, sélection, assimilation, aide aux pays de départ : un effort important de reprise en main du processus s’impose donc (sans oublier l’aide aux autochtones les moins favorisés). Il ne s’agit pas d’égoïsme - car il faut au contraire être résolument solidaire- mais d’un impératif collectif majeur.

(Paru dans l’Incorrect N° 7 mars 2018)






































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