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Guide de lecture


mercredi 6 février 2019









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Un guide de recherche. La diversité de mes centres d’intérêt peut surprendre : pour ceux qui s’interrogent, un petit guide de lecture... L’ensemble des livres que j’ai publiés et à venir s’ordonne selon un plan d’ensemble progressivement développé et articulé sur trois idées directrices.

Les idées directrices

La première est celle de vérité, comprise comme universelle. Car une vérité ou une valeur qui n’a pas de portée universelle, même si ce n’est que sous un angle partiel, ne mérite pas son nom et peut-être pas même celui de pensée. Parallèlement, cette vérité (ou ces valeurs) sont présentes et donc à chercher et discerner au sein des multiples manifestations de la pensée ou de l’action humaine. Toutes contiennent un élément de vérité ou de sens. En même temps qu’on les y cherche et qu’on les extrait, on doit rechercher comment les intégrer dans une perspective universelle qui leur donnera seule leur vérité et leur sens. C’est ce projet au sens propre catholique (le mot veut dire : universel, avec une connotation englobante) qui m’anime. Une telle proccupation se heurte à un double défi, particulièrement sensible aujourd’hui : la pluralité des vérités et des valeurs proposées, et le sens aigu de leur évolution dans le temps et l’histoire. Or il faut à la fois maintenir l’universalité de l’exigence, et tenir compte de la multiplicité des approches, tout comme du vecteur du temps qui paraît en permanence remettre les acquis en cause. D’où deux autres idées directrices.

La deuxième est celle de la recherche de la bonne articulation entre unicité de la vérité et multiplicité des manifestations. La vérité ultime est une. Sous sa forme absolue, c’est Dieu, qui ne peut être connu que partiellement et indirectement. Dès lors, la vérité quand elle se présente le fait souvent sous une forme relativement plurielle, ce qui ne veut pas dire relativiste. Face à cela, le contexte auquel nous sommes confrontés aujourd’hui se veut pluraliste, donc neutre à l’égard de toutes ces vérités mises sur le même plan ; mais cela se heurte à l’exigence d’universalité et d’objectivité indispensable pour que soit reconnue véritablement une vérité ou un bien objectif. Il faut donc admettre à la fois la référence ultime à la vérité, une et universelle, et la possibilité de manifestations plurielles et multiples de cette vérité. Et une légitime pluralité dans les réalités humaines concrètes, comme les communautés.

La troisième idée directrice est corrélativement la dialectique du temps et de l’éternité. Le temps est un facteur central dans la pluralité et l’hétérogénéité qu’on vient de rappeler. Il est paradoxal puisqu’il se présente sous deux visages : le temps présent seul effectivement réel à chaque instant, et le temps succession et déroulement inexorable entre passé, présent et avenir, qui a aussi une forme de réalité au moins virtuelle. Comme je le montre par ailleurs, seule l’éternité, qui est hors du temps, donne pleinement son sens aux deux expressions du temps, parce que, comme la vérité, elle renvoie à Dieu et donc à la plénitude de la vérité et de l’universalité. Sur ce point encore, la tendance contemporaine est à la relativisation, notamment par dévaluation de tout ce qui est passé, ignorant ainsi ce processus bienfaisant d’accumulation sélective des expériences qu’on appelle tradition, et donc sans perspective de dégagement de références permanentes. Mais cela conduit aussi, contrairement à l’idée reçue, à la dévaluation de fait de l’avenir, qui n’a plus de poids réel pour des gens obsédés par leur présent. Sur la base de ces trois idées directrices je développe mes recherches en faisant appel à deux grands éclairages : la raison philosophique et scientifique, et la foi religieuse (chrétienne) ; et je l’applique à plusieurs domaines d’intérêt. Ce sont notamment la réflexion abstraite, de type philosophique ; la politique, nationale et internationale ; ainsi que l’économie et notamment la finance. D’où une série de livres, toujours en cours de développement. Naturellement l’intérêt dépend de la plus ou moins grande fécondité de tel ou tel angle – ou de l’inspiration.

L’aspect philosophique

L’angle de la pluralité des philosophies est abordé dans le premier tome de mon Le Ciel et la Forêt (Au-delà du pluralisme) (2000) qui montre que la pluralité des points de vue acceptables ne peut être que restreinte, avec un fil conducteur donné par la tradition de pensée classique qui culmine avec le thomisme, et qu’elle doit conduire à l’unité de la perspective divine qui seule lui donne sens et répond à ses attentes en les dépassant. Ce livre est complété par un examen de la rationalité de la foi et de son apport légitime à la philosophie avec Philosophie de la Foi (2015). En matière religieuse proprement dite, j’ai abordé la question de la pluralité des religions dans le tome II de Le Ciel et la Forêt (Le christianisme et les autres religions) (2000), montrant combien le christianisme, irréductible à tout syncrétisme, est en revanche lieu de synthèse de l’expérience religieuse de l’humanité et comme tel seul religion qui peut être dite pleinement vraie. Il faudrait idéalement les compléter en évoquant cette autre pluralité majeure qu’est la diversité des cultures, notamment par confrontation avec la pensée chinoise.

Sous l’angle du temps, le livre de base est Temps Histoire Eternité (2006), qui montre que la diversité des conceptions du temps évoquée ci-dessus ne se comprend elle aussi qu’en référence à l’éternité de Dieu, éclairant ce faisant à la fois notre destinée personnelle et l’Histoire. Sous l’angle religieux ensuite cela m’a conduit à aborder la question de la Révélation chrétienne et du développement de la doctrine (qu’on appelle le dogme), essentiellement inscrite dans l’Histoire, en la lisant comme expression de l’Eternité dans le temps ; d’où un autre livre, La révélation chrétienne ou l’éternité dans le temps (2018).

L’aspect politique

En matière politique, la pluralité domine ; et pourtant la morale et l’idée du Bien supposent une référence à l’idée de vérité. Mais c’est la problématique historique qui l’emporte, et c’est donc par elle que j’ai commencé. Ce point est abordé notamment dans L’Avenir de la Démocratie (2011) qui met l’accent sur la complexité de l’idée de démocratie et l’histoire tourmentée de son émergence. Il souligne qu’à côté du système politique et de l’état de droit un rôle central a été joué par ce que j’appelle idéologie démocratique, en fait un paradigme de neutralité, fondé sur le refus de la recherche collective d’une idée commune et objective du bien et privilégiant les procédures de confrontation des choix individuels. Ce paradigme est fondamentalement le refus de toute transcendance, celle de Dieu ou même celle du vrai et du bien. Emergé à partir du XVIIe siècle il n’a développé que progressivement ses conséquences pour déboucher sur le relativisme postmoderne actuel, augurant mal de l’avenir de la démocratie.

Un panorama d’ensemble, prospectif du monde actuel est donné dans un ouvrage intitulé Guide de survie dans un monde instable, hétérogène, non régulé (2017), abordant notamment les effets multiples de cette absence de référence commune dans notre monde éclaté, sous divers angles, international, militaire, financier, économique, politique et culturel. L’idéologie dominante, occidentale, ne pouvant jouer ce rôle que provisoirement, et sans doute de moins en moins. Il ébauche les voies de sortie possibles, qui fait l’objet d’un autre ouvrage sur la pensée classique et la vie politique contemporaine, intitulé Pour un grand retournement politique (Quelques enseignements de la pensée classique à l’usage de ce qu’on appelle la droite, et des autres) (parution prévue 2019). Ce dernier montre là aussi la nécessité de combiner une référence à une notion objective et universelle du Bien, avec la réalité d’une multiplicité de réalisations, notamment au sein de communautés diverses ayant chacune sa spécificité et sa légitimité. Ce qui s’oppose directement au paradigme de neutralité déjà évoqué, le retournement à opérer étant majeur.

Parmi ces communautés,un rôle tout particulier est celui de la nation, dont Les nations et leur destin (2005) montrait à la fois la diversité, enracinée dans une spécificité culturelle et linguistique tout autant qu’historique, et le rôle vital pour la constitution de la démocratie réelle, la démocratie étant le plus fragile des deux, ignorant qu’elle a besoin pour s’incarner d’une nation pourvue d’une histoire et d’une culture.

Une telle référence commune à l’idée de Bien n’est toutefois pas aisée à obtenir sans référence à Dieu, source de ce Bien et référence ultime au-delà des diversités ainsi que de l’écoulement de l’histoire ; et donc pas sans religion. Chrétienté et démocratie (2003) traite des rapports heurtés et complexes dans l’histoire entre le christianisme et le politique notamment démocratique, la démocratie ambiante tendant fâcheusement à reléguer la religion dans un rôle subordonné qui ne peut être le sien. Cela pourra se prolonger dans un livre qui serait consacré au rôle futur possible de la foi dans notre histoire politique.

L’aspect économique et financier

L’Evangile, les Chrétiens et l’Argent (2004) aborde la question générale de l’économie dans une perspective chrétienne en s’appuyant sur les Evangiles et le Doctrine sociale de l’Eglise, et en soulignant le rôle structurant des deux niveaux de perspectives : la gestion des affaires de ce monde avec sa logique propre, finie, et la perspective infinie ouverte par la vie éternelle, présente dès ce monde. Ce qui retrouve sous un angle très différent la problématique générale entre unité transcendante et diversité expérimentale, et donc une forme de pluralité radicale entre réalités apparemment hétérogènes. Application en est faite à la problématique de l’usage de l’argent, y compris dans le don. Un livre sur L’Argent, Maitre ou serviteur (à paraître en 2019) reprend et développe cette réflexion sur l’Argent d’un point de vue chrétien, notamment en ce qui concerne la problématique de l’argent et son mystère, ainsi que sous l’angle des exigences personnelles que cela implique.

L’Economie et le christianisme (2010) prolonge et élargit cet éclairage en soulignant d’une part, le rôle central de l’éthique en économie, débouchant sur la relativisation de celle-ci par insertion dans le contexte plus large des relations humaines ; et d’autre part l’importance de la question du risque, la nécessité conséquemment d’admettre les limites de notre maîtrise et la de trouver notre équilibre dans la confiance en la Providence. A nouveau donc la diversité éclatée et partielle de l’économie a besoin d’une perspective extérieure à elle-même pour réellement trouver sa place, une perspective qui la transcende.

De son côté et corrélativement Christianisme et croissance économique (2008) montre historiquement le rôle-clef du christianisme dans le décollage économique de l’Occident. Et donc les effets dans le champ économique et social du déroulement dans le temps de l’irruption de ce message d’éternité. Enfin un livre en préparation actuellement intitulé L’économie autrement (Les chrétiens entre utopie et réalité) examinera plusieurs questions dont les chrétiens se sont emparés en économie dans la période récente, entre utopies et réalités : l’environnement, la croissance et les limites ; pauvretés, inégalités et don ; l’entreprise, l’investissement responsable etc. Donc une pluralité assez hétérogène d’approches, à hiérarchiser et éclairer.

Déjà abordée ci-dessus, la question de l’argent et la dimension financière jouent ensuite un rôle tout particulier dans ma réflexion non seulement par expérience personnelle, mais aussi par son rôle central, puisque qui dit économie dit en une sens regard porté sur les choses à travers l’argent ; et plus particulièrement dans la problématique du temps en économie. Car le fondement de la finance est le jeu à travers le temps, l’anticipation du futur notamment, mais aussi le poids éventuel d’une passé (dettes) ; d’où sa tentation de jouer un rôle de démiurge, figure inversée de Dieu ramassant dans le présent le cours du temps en donnant une illusion de maitrise rationnelle. Un premier livre : Finance, un regard chrétien (2013) retrace, toujours à partir des Evangiles, la réflexion et l’expérience de l’Eglise en matière financière, mettant en lumière l’incomplétude de la finance elle-même et son besoin d’une perspective éthique, ce qui éclaire la question du devenir d’une finance qui tente de façon croissante à échapper à ce souci supérieur du Bien. Cette même question est reprise ensuite sans faire appel à des références explicitement chrétiennes dans La Finance peut-être être au service de l’homme ? (2015), qui s’enrichit en outre de réflexions sur le rôle de la réglementation, notamment au vu de la dernière crise. Il vise à éclairer comment le souci éthique peut et doit habiter la réflexion financière tant au niveau des comportements des acteurs que dans la définition de règles communes et d’actions publiques indispensables, ou même dans le don. Enfin un livre sur l’Euro, la fin de la monnaie commune ? (2017) examine tant le rôle et le signification de la monnaie en général que le cas particulier de l’euro, monnaie contestable dans son principe malgré ses qualités, mais dont il est politiquement difficile de sortir. . J’aimerais enfin toucher un jour les questions de spiritualité personnelle, qui articulent de façon concrète dans leur domaine les deux problématiques de la reconnaissance d’un niveau supérieur aimant, et de développement spirituel dans le temps.

(mis à jour février 2019)










































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